Ce que tu dois retenir :
- ✅ Une partie prenante est tout individu ou groupe pouvant affecter ou être affecté par les décisions d’une entreprise (définition Freeman, 1984).
- ✅ On distingue les parties prenantes internes (salariés, dirigeants, actionnaires) des parties prenantes externes (clients, fournisseurs, ONG, collectivités).
- ✅ Les parties prenantes primaires ont un lien contractuel direct avec l’entreprise ; les secondaires influencent sans lien formel.
- ✅ Comprendre leurs intérêts et leurs pouvoirs est indispensable pour réussir l’épreuve CEJM et analyser la gouvernance d’une entreprise.
Si tu prépares ton BTS NDRC, MCO, GPME ou SAM, tu vas tomber sur la notion de parties prenantes en CEJM dans pratiquement tous les sujets du thème 1 « Management de l’entreprise ». Ce cours complet te donne toutes les clés pour maîtriser ce chapitre, des définitions aux exemples concrets, en passant par les enjeux de gouvernance.
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Définition et origine du concept de parties prenantes
Le concept de partie prenante (ou stakeholder en anglais) a été formalisé par l’économiste américain R. Edward Freeman en 1984 dans son ouvrage Strategic Management: A Stakeholder Approach. Sa définition est celle retenue dans le programme officiel de CEJM :
« Une partie prenante est tout groupe ou individu qui peut affecter ou être affecté par la réalisation des objectifs d’une organisation. »
Autrement dit, dès qu’un acteur a un intérêt dans la vie de l’entreprise – ou que les décisions de l’entreprise ont un impact sur lui – il est une partie prenante. Cette définition large est centrale en cours CEJM : elle oblige l’entreprise à tenir compte d’un cercle d’acteurs bien plus large que ses seuls actionnaires.
Avant Freeman, la vision dominante était celle des actionnaires (shareholders) comme seuls destinataires de la valeur créée. Freeman a élargi ce cadre pour intégrer toutes les parties prenantes dans la prise de décision stratégique.
Les différentes catégories de parties prenantes
En CEJM, les parties prenantes se classent selon deux grilles de lecture que tu dois maîtriser : interne/externe et primaire/secondaire.
Les parties prenantes internes
Les parties prenantes internes sont les acteurs qui font partie de l’entreprise et participent directement à son fonctionnement. On distingue trois grandes catégories :
| Partie prenante interne | Intérêt principal | Moyen d’action |
|---|---|---|
| Salariés | Salaire, conditions de travail, sécurité de l’emploi | Grève, négociation collective, syndicats |
| Dirigeants | Pouvoir de décision, rémunération, performance | Orientations stratégiques, management |
| Actionnaires / associés | Dividendes, valorisation du capital, pérennité | Vote en assemblée générale, droit de veto |
Les salariés attendent des conditions de travail correctes, un salaire juste et une perspective d’évolution. Ils disposent d’un pouvoir de pression via les syndicats ou le droit de grève.
Les dirigeants ont pour mission de piloter l’entreprise vers ses objectifs tout en satisfaisant les autres parties prenantes. Leur responsabilité est à la fois économique, légale et sociale.
Les actionnaires (dans une SA) ou les associés (dans une SARL, SAS…) apportent le capital. Ils attendent un retour sur investissement et exercent leur pouvoir lors des assemblées générales.
Les parties prenantes externes
Les parties prenantes externes sont des acteurs situés hors de l’entreprise mais dont les intérêts sont liés à son activité. Elles sont nombreuses et variées :
| Partie prenante externe | Intérêt principal | Moyen d’action |
|---|---|---|
| Clients | Satisfaction, qualité, prix | Achat / boycott, avis en ligne |
| Fournisseurs | Paiement dans les délais, volume de commandes | Rupture d’approvisionnement, négociation tarifaire |
| Banques / créanciers | Remboursement, solvabilité | Refus de crédit, exigences de garanties |
| Pouvoirs publics / État | Respect du droit, paiement des impôts | Contrôles, lois, sanctions |
| Collectivités locales | Emploi local, développement économique | Autorisations, subventions, aménagement |
| ONG / associations | Environnement, droits sociaux | Campagnes, pression médiatique, juridique |
| Médias | Information, transparence | Exposition positive ou négative |
La satisfaction du client est souvent présentée comme un objectif central de l’entreprise, car sans clients, il n’y a pas de chiffre d’affaires. Mais le client n’est qu’une partie prenante parmi d’autres, et ses attentes doivent être arbitrées avec celles des autres acteurs.
Parties prenantes primaires et secondaires
Une deuxième classification, issue de la théorie des parties prenantes, distingue les acteurs selon leur degré de nécessité pour l’entreprise.
Les parties prenantes primaires sont indispensables à la survie de l’entreprise. Elles sont liées à elle par un lien contractuel direct et leur retrait mettrait en péril l’activité. On y retrouve : les propriétaires, les dirigeants, les salariés, les clients, les fournisseurs et les banques.
Les parties prenantes secondaires n’ont pas de lien contractuel avec l’entreprise mais peuvent influencer fortement son image et ses décisions. On y trouve les ONG, les médias, les associations de consommateurs, les pouvoirs publics et les riverains.
Dans ton cours CEJM, tu peux aussi croiser la distinction proposée par Cyert et March (la coalition dominante) : certains acteurs ont plus de pouvoir que d’autres selon leurs ressources, leur légitimité et l’urgence de leurs demandes.
Pour approfondir ta préparation, consulte les sujets d’examen BTS NDRC où cette notion revient régulièrement.
Les intérêts et objectifs des parties prenantes
Chaque partie prenante poursuit des objectifs propres, qui ne coïncident pas toujours avec ceux de l’entreprise ou des autres acteurs. C’est l’un des enjeux majeurs de la gouvernance : arbitrer entre des intérêts divergents tout en préservant la pérennité de l’entreprise.
Des intérêts parfois contradictoires
Un exemple classique en cours CEJM : les actionnaires peuvent souhaiter maximiser les dividendes à court terme, ce qui conduit à comprimer les salaires ou réduire les investissements. Les salariés, eux, attendent de meilleures conditions de travail et une hausse de rémunération. L’intérêt économique des uns entre directement en tension avec l’intérêt social des autres.
Autre exemple concret : une ONG environnementale peut s’opposer à l’ouverture d’un nouveau site industriel qui représente pourtant 200 emplois locaux. La collectivité locale peut soutenir ce projet pour des raisons économiques, tandis que les riverains s’y opposent pour des raisons de qualité de vie.
L’entreprise doit donc :
- Identifier ses parties prenantes et cartographier leurs intérêts
- Evaluer leur pouvoir d’influence et leur légitimité
- Trouver des compromis qui permettent de tenir compte des attentes essentielles
- Rendre compte de ses décisions (principe de responsabilité légale et sociale)
Consulte les cours BTS NDRC pour retrouver cette notion dans le contexte du programme complet.
La gouvernance de l’entreprise et les parties prenantes
La gouvernance de l’entreprise (ou corporate governance) désigne l’ensemble des règles, mécanismes et pratiques qui permettent d’orienter et de contrôler l’activité d’une entreprise. Elle est directement liée à la question des parties prenantes, car gouverner, c’est décider qui a le droit d’orienter la stratégie et dans quel intérêt.
On distingue deux grands modes de gouvernance dans le programme CEJM :
| Modele | Definition | Parties prenantes privilegiees |
|---|---|---|
| Modele actionnarial (shareholder) | L’entreprise est au service de ses actionnaires | Propriétaires, investisseurs |
| Modele partenarial (stakeholder) | L’entreprise tient compte de toutes ses parties prenantes | Salariés, clients, société civile, actionnaires |
Le modele partenarial, inspiré de Freeman, est de plus en plus dominant dans les grandes entreprises françaises depuis les années 2000. Il correspond à une vision de l’entreprise comme acteur économique mais aussi social et sociétal, tenu par une responsabilité légale et une responsabilité sociale.
Au sein de l’entreprise, la gouvernance s’articule autour de trois pouvoirs : le pouvoir souverain (assemblée générale), le pouvoir exécutif (direction générale) et le pouvoir de surveillance (conseil d’administration ou de surveillance). L’enjeu est d’éviter les conflits d’intérêts et de garantir la pérennité de l’organisation.
Avant ton épreuve, teste tes connaissances sur l’épreuve CEJM et les attentes du jury.
Les parties prenantes et la RSE
La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est directement liée à la théorie des parties prenantes. Une entreprise qui s’engage dans une démarche RSE s’engage à tenir compte des attentes de l’ensemble de ses parties prenantes : pas seulement les actionnaires, mais aussi les salariés, les clients, les fournisseurs, les communautés locales et l’environnement.
En France, la loi PACTE de 2019 a introduit la notion de « raison d’être » dans le code civil (article 1835) : une entreprise peut désormais inscrire dans ses statuts ses engagements envers ses parties prenantes et la société. Certaines entreprises peuvent même devenir « société à mission », avec des objectifs sociaux ou environnementaux définis et contrôlés.
Pour l’épreuve CEJM, retiens que la RSE est un cadre légal et managérial qui formalise la prise en compte des parties prenantes dans la stratégie d’entreprise. Elle répond aux attentes des parties prenantes secondaires (ONG, médias, opinion publique) tout en renforçant la réputation de l’entreprise auprès de ses parties prenantes primaires (clients, salariés).
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Questions fréquentes sur les parties prenantes en CEJM
Quelle est la définition exacte d’une partie prenante en CEJM ?
Une partie prenante est « tout groupe ou individu qui peut affecter ou être affecté par la réalisation des objectifs d’une organisation » (R. E. Freeman, 1984). C’est la définition officielle à connaître pour l’épreuve CEJM.
Quelle est la différence entre parties prenantes internes et externes ?
Les parties prenantes internes sont membres de l’entreprise : salariés, dirigeants, actionnaires. Les parties prenantes externes en sont indépendantes : clients, fournisseurs, ONG, pouvoirs publics, médias. Les deux groupes ont des intérêts et des moyens d’action différents.
Quelle est la différence entre parties prenantes primaires et secondaires ?
Les parties prenantes primaires sont indispensables à la survie de l’entreprise (salariés, clients, fournisseurs). Les secondaires influencent l’entreprise sans lien contractuel direct (ONG, associations, riverains). Cette distinction s’ajoute à la classification interne/externe.
Qu’est-ce que la cartographie des parties prenantes ?
C’est un outil de management qui permet d’identifier toutes les parties prenantes d’une entreprise, d’évaluer leur pouvoir et leurs intérêts, puis de prioriser les actions à mener pour répondre à leurs attentes. Elle est utilisée dans la démarche RSE et dans l’analyse stratégique.
Qui a théorisé les parties prenantes ?
R. Edward Freeman a formalisé la théorie des parties prenantes en 1984 dans Strategic Management: A Stakeholder Approach. Cyert et March ont également contribué à la compréhension des coalitions d’acteurs au sein de l’entreprise, une notion complémentaire en CEJM.
Les parties prenantes peuvent-elles être des contre-pouvoirs ?
Oui. Certaines parties prenantes disposent de moyens d’action qui leur permettent de s’opposer aux décisions de la direction : les syndicats de salariés, les associations de consommateurs, les ONG ou encore les pouvoirs publics via la réglementation. Ces contre-pouvoirs sont un enjeu central de la gouvernance d’entreprise en CEJM.
Dernière mise à jour : 03/06/2026 – Périmètre : France métropolitaine – Session BTS 2026
